La Banque centrale du Congo (BCC), dirigée par son gouverneur André Wameso, avait annoncé l’injection d’environ 50 millions de dollars sur le marché de change afin de racheter des francs congolais et tenter de stabiliser le taux du dollar. L’objectif était clair : freiner la dépréciation du franc congolais et, à terme, permettre une baisse des prix des biens et services sur le marché.
Cependant, plusieurs Mois après cette opération monétaire, les effets sur la vie quotidienne des Congolais restent presque inexistants. Certes, le taux du dollar a connu une légère stabilisation, mais les prix des produits de base n’ont pratiquement pas baissé dans les supermarchés, les restaurants ou encore dans les marchés populaires. Pour de nombreux observateurs, cette situation démontre que l’intervention de la BCC n’a pas produit l’impact économique attendu sur le pouvoir d’achat de la population.
Certains analystes estiment même que plusieurs opérateurs économiques et particuliers ont enregistré des pertes, ayant anticipé une baisse durable du dollar qui ne s’est finalement pas traduite par une réelle diminution des prix dans l’économie réelle.
Cette situation relance un débat plus large sur la différence entre intellectualisme et intelligence, une réflexion souvent évoquée par le professeur Émile Bongeli. Celui-ci explique qu’être intellectuel ne signifie pas forcément être intelligent dans l’action. Selon lui, un intellectuel qui ne met pas son savoir au service des solutions concrètes pour son peuple devient simplement un « perroquet du savoir occidental ». La véritable intelligence, soutient-il, consiste à adapter les connaissances aux réalités locales afin d’améliorer la vie de la société.
Dans le contexte actuel, plusieurs voix s’élèvent pour demander plus de transparence et d’explications de la part de la Banque centrale du Congo. Pour ces observateurs, il est essentiel de comprendre pourquoi une opération financière aussi importante n’a pas produit d’effets visibles sur les prix des biens et services.
Face à ces interrogations, certains experts plaident également pour un audit sérieux et indépendant de la gestion et des mécanismes d’intervention de la BCC, afin d’évaluer l’efficacité des politiques monétaires mises en place et d’éviter que la population ne continue à subir les conséquences de décisions économiques mal adaptées à la réalité du marché congolais.
Au-delà du débat économique, cette situation rappelle une exigence fondamentale : les politiques monétaires doivent avant tout produire des résultats concrets pour la population, et non rester de simples mesures techniques sans impact réel sur le quotidien des Congolais. LE TONNERRE